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-L’agriculture
est à nouveau, en Europe, au cœur du débat sociétal. Elle
semblait s’être éloignée de nos préoccupations quotidiennes,
notre sécurité d’approvisionnement alimentaire semblant être
parfaitement maîtrisé.
En effet en 1962, la « Politique Agricole Commune – PAC »,
fixée par la « Communauté Economique Européenne – CEE »,
encourageant les agriculteurs à se moderniser et à augmenter
la production agricole va assurer l’autosuffisance et la
sécurité d’approvisionnement alimentaire. |
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Les grands
principes de la PAC reposaient sur: |
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l’unicité du marché, corollaire de la
libre circulation des marchandises au sein du « Marché
Commun » ;
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la préférence communautaire, qui devait
protéger le marché européen des importations à bas prix et
des fluctuations du marché mondial ;
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la solidarité financière, les dépenses
imposées par la PAC étaient prises en charge par le
budget communautaire ;
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des prix garantis pour les producteurs
grâce à l’octroi de subsides.
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Depuis lors, suite aux excédents de denrées alimentaires de
base résultant de cette politique au sein du « Marché
Commun », de nouvelles mesures furent prises dès 1975. Ces
mesures visaient la maîtrise de la production, le contrôle
des dépenses de soutien des marchés. Les quotas
laitiers, les stabilisateurs budgétaires, les seuils de
garantie, le gel de terres, la retraite anticipée en sont
quelques exemples.
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Face à
l'insuffisance des mesures adoptées pour rééquilibrer les
marchés et devant la persistance d'excédents structurels et
de tensions commerciales avec les pays tiers, une réforme
drastique de la PAC fut décidée le 21 mai 1992 (plan Mac
Sharry). Cette réforme concernait principalement les
secteurs des cultures arables et de la viande bovine.
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Les principes généraux de cette réforme furent
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une réduction drastique des prix garantis,
étalée sur 3 ans et compensée par des aides directes,
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une maîtrise de la production avec
la mise en jachère de terres agricoles, la limitation des
quantités de viande bovine soumises à l'intervention et la
limitation de l'octroi des primes aux bovins (quotas de
primes, densité de bétail à l'hectare);
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une stimulation des méthodes de production
compatibles avec l'environnement;
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une mise en place de mesures
d'accompagnement (boisement, préretraite et programme
agrienvironnemental).
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Le 26 juin 2003, en vue de l’entrée dans l’Union Européenne
de 15 nouveaux Etats, de nouvelles mesures sont prises en
matière de soutien aux agriculteurs dans le cadre de
l’accord de Luxembourg: |
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renforcer la capacité de l’agriculture à
répondre aux demandes de la société en matière de
prévention de l’environnement, de qualité des produits et
de développement durable ;
-
renforcement du second pilier consacré au développement
rural par une modulation des aides directe.
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D’autre part la
concurrence étant devenue le maître mot d’une économie
mondiale contrôlée par des financiers, des investisseurs,
des gestionnaires de fonds, des banquiers d’affaires, des
analystes financiers, des « patrons nouvelle
génération »,
à la fois managers et capitalistes, dont
les qualités sont totalement différentes des businessmen
traditionnels, la création d’une
organisation internationale organisant le commerce
international était devenue indispensable. C’est ainsi
qu’est née, en 1994, « l’Organisation mondiale du
Commerce – OMC ». |
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Les « Accords sur
l’Agriculture – AsA » de l’OMC vont alors orienter la
stratégie des deux superpuissances commerciales que sont
l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique où
l’agriculture pèse moins de 2% de leur PIB, contre environ
75% pour les services et le solde pour les produits
industriels dont les produits agroalimentaires.
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Les impératifs de croissance
et d’emploi poussent ces surpuissances économiques à
exporter toujours plus de services et de produits
industriels quitte à importer davantage de denrées
alimentaires.
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Cette politique conduit alors
ces superpuissances à pratiquer notamment le « dumping
agricole », tout en compensant les bas prix
agricoles, fixés par eux sur le marché mondial, par des
subventions au bénéfice des agriculteurs de ces deux
surpuissances. |
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-L’évolution de la « Politique
Agricole Commune » a certainement contribué de la sorte à
notre sécurité d’approvisionnement alimentaire. Mais un
approvisionnement à partir d’une industrie agroalimentaire,
qui s’est largement développée comme intermédiaire
incontournable entre les producteurs et les consommateurs.
Intermédiaire imposant ses critères de goûts, de
conditionnement, de distribution des denrées alimentaires en
asservissant les consommateurs par un marketing et une
publicité savamment menées.
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Mais cette
évolution a provoqué en même temps l’insécurité
d’approvisionnement alimentaire dans les Pays du Sud en y
détruisant d’abord le marché agricole local par la pratique,
dans les Pays du Nord, du dumping agricole et en y
provoquant à présent la hausse des prix des denrées
alimentaires suite au détournement d’une partie des céréales
pour assurer la production d’agrocarburant |
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-Les pays du Nord produisent
actuellement, dans le cadre de l’économie de marché
mondialisé et du libre-échange, tout aussi bien des produits
destinés à l’exportation que des produits destinés à la
transformation et à la distribution alimentaire locale
sans qu’il y ait vraiment adéquation de cette production à
la consommation de la population locale.
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Ce modèle d’économie oblige,
alors, bien souvent ces pays à importer des produits,
nécessaires à la consommation de leur population locale,
en provenance d’autres régions et parfois fort
éloignées.
Ce modèle de filière
agroalimentaire fragilise donc ces pays en les
rendant tributaires des aléas et des crises
socio-économiques pouvant perturber les circuits de
transport et de distribution intervenant dans ce système
économique de libre-échange. Aléas qui sont de plus en plus
fréquents car liés notamment aux conséquences du
changement de climat en cours et crises liées à la
déplétion pétrolière qui risque de rendre les transports
maritimes intercontinentaux,ainsi que les transports par
avion ou par camion de plus en plus onéreux .
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Cette
évolution entraîne dès lors des conséquences locales
majeures en dehors de toute considération diététique liée à
la santé publique ; |
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la perte de la maîtrise régionale de la
production alimentaire suite à la disparition
progressive des petites exploitations agricoles pratiquant
une agriculture raisonnée ou biologique locale non
inféodée à l’industrie agroalimentaire;
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la
disparition des petits commerces locaux et l’implantation
de commerces de grande surface imposant à une
normalité de consommation d’aliments produits par de puissantes filières
agroalimentaires;
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une
importante menace pour les écosystèmes, tant au
niveau écologique par la pollution des ressources hydriques,
qu’au niveau agronomique par l’épuisement des sols, ainsi
qu’au niveau atmosphérique par la pollution liée aux
transports incessants à longue distance aux quatre coins de
la planète de produits alimentaires devenus de simples
marchandises et par l’extension d’une monoculture intensive
pratiquées par les grandes entreprises agricoles ;
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la hausse des prix des
denrées alimentaires
dans un marché non régulé.
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Cette hausse des prix des denrées alimentaires ne se
répercute pas pour autant au niveau des revenus des petits
producteurs. Cette hausse des prix est principalement
absorbée par l’interface producteur-consommateur. Il en
résulte que le défi qui se pose actuellement à bon nombre de
consommateurs des pays du Nord n’est pas de manger mieux
mais tout simplement de manger à sa faim.
R.G. |
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