Développement agricole durable

CRDD   -   Centre Régional   du  Développement Durable


 

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Développement agricole  durable.

 
     

« Pour créer les conditions propres à un développement rural et agricole durable, il faudra procéder à des ajustements majeurs dans la politique agricole, environnementale et macro-économique, aux niveaux national et international, tant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. L'objectif essentiel d'un développement agricole et rural durable est d'assurer un accroissement soutenu de la production alimentaire et d'améliorer la sécurité alimentaire (ndlr d'approvisionnement). Pour ce faire, il faudra organiser des activités d'éducation, adopter des mesures d'incitation économiques et promouvoir des technologies nouvelles appropriées de manière à garantir une offre stable de denrées alimentaires d'une valeur nutritive adéquate, auxquelles les groupes vulnérables auront accès et permettant une production commerciale; créer des emplois et des revenus pour réduire la pauvreté; gérer les ressources naturelles et protéger l'environnement. »

In « Rapport de la Conférence des Nations Unies sue l’environnement et le développement – Rio de Janero 1992.

Les recommandations mentionnées, ci-dessus, dans l’extrait du « Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement », peuvent parfaitement se comprendre dans le cadre des préoccupations concernant les pays en voie de développement en ce qui concerne leur sécurité alimentaire d'approvisionnement.

Mais en réalité, cette sécurité alimentaire d'approvisionnement est surtout menacée dans les pays en voie de développement non pas en raison de leur retard développement économique ou en raison de leur retard  au niveau de l'usage des technologies nouvelles, mais bien en raison de la pression exercée sur ces pays par l'économie de marché mondialisé, qui sous l'effet de son dumping commercial, vend à ces pays des denrées à des prix inférieurs à ceux pouvant être supportés par les producteurs locaux. De ce fait la souveraineté alimentaire échappe complètement aux pays en voie de développement et un état de misère s'y maintient..

D'autre part, dans nos pays développés, ces recommandations pouvaient sembler irréalistes à l'époque en raison de l'évolution de notre société dans un contexte de surconsommation et de gaspillage, et où l'on pouvait considérer comme superflue toute politique d'accroissement de la production agricole ainsi que toute mesure d'incitation à promouvoir des technologies nouvelles.

 

La production agricole intensive, y développée, s’insérait parfaitement dans le contexte de l’économie de marché mondialisé, avec la préoccupation d’assurer, via une production agricole excédentaire, une véritable dumping commercial  nous facilitant la commercialisation mondiale de nos services et de nos technologies.

 
 

Mais peut-on encourager le maintien du secteur agroalimentaire industrielle dans sa dérive, sachant que la surconsommation de denrées alimentaires de type  « fast-food » est la principale responsable de l’obésité des jeunes, que la  surconsommation de plats pré cuisinés est la principale responsable des carences alimentaires constatées aujourd’hui ?

 

 

De même peut-on, dans le soucis de la santé publique, soutenir et encourager plus longtemps une production agricole intensive, peut soucieuse de la qualité et principale responsable de la « mal-bouffe » ?

 
 

Peut-on admettre plus longtemps, en ce qui concerne le développement durable des grandes exploitations agricoles, la poursuite de la recherche de rendements de plus en plus élevés et qui posent le problème de l’appauvrissement des terres suite à la surexploitation et à la monoculture ?

 
 

Peut-on, dans le soucis de la préservation de la biodiversité, garante des possibilités de recours à d’autres variétés en cas de perte ou de manque d’immunité à  certaines maladies, admettre plus longtemps la pratique d’une monoculture excessive d’une seule variété donnée ?  

 
 

Aujourd’hui, peut-on soutenir plus longtemps, compte tenu des aléas et des crises socio-économiques qui perturbent, de plus en plus fréquemment, l’approvisionnement des denrées alimentaires importées des quatre coins du monde et qui risquent de mettre notre sécurité alimentaires d'approvisionnement en péril?

 
 

Aléas liés notamment aux conséquences du changement de climat en cours et  aux crises liées à la déplétion pétrolière, qui risquent de rendre les transports maritimes intercontinentaux, ainsi que les transports par avion ou par camion de plus en plus onéreux et de moins en moins fiables.

 
 

 

 
 

Nos régions produisent actuellement, dans le cadre de l’économie de marché mondialisé et du libre-échange, tout aussi bien des produits destinés à l’exportation que des produits destinés à la transformation et à la distribution alimentaire locale sans qu’il y ait vraiment adéquation de cette production à la consommation de la population locale.

 
 

 

 
 

Ce modèle d’économie oblige, alors, bien souvent nos régions à importer des produits, nécessaires à la consommation de leur population locale, en provenance d’autres régions et parfois fort éloignées.  

 
 

 

 
 

Ce modèle de filière agroalimentaire fragilise donc nos régions en les rendant tributaires  des aléas et des crises socio-économiques pouvant perturber les  circuits de transport et de distribution intervenant dans ce système économique de libre-échange. 

 
 

 

 
 

Notre problème aujourd’hui n’est donc plus de sauvegarder uniquement la qualité de notre alimentation mais également notre sécurité d’approvisionnement alimentaire.

 
 

 

 

 

Il apparaît indispensable, pour cela, de circonscrire certaines régions comme entités macro-économiques en corrélation avec des entités de production alimentaire ; des Ecorégions.

 

 

 

 

 

Le concept d’Ecorégion est lié à la préoccupation de restaurer, la souveraineté alimentaire d’une région socio-économique déterminée, en vue d’y assurer la sécurité d'approvisionnement alimentaire par le développement d’une agriculture locale de proximité assurant une production alimentaire de qualité et durable sans englober, pour autant, la totalité de la surface agricole utile SAU à cet usage. La culture des autres surfaces laisse la possibilité de développer d’autres productions permettant la fourniture de surplus vers les Ecorégions voisines

 

 

 

 

 

Ces Ecorégions doivent, pour restaurer la souveraineté alimentaire :

 

 
  • s’appuyer sur une agriculture raisonnée durable  ou agriculture biologique locale durable se déployant dans une logique pérenne intergénérationnelle soutenable pour les écosystèmes ;

  • permettant, notamment, d’assurer localement la gestion des ressources naturelles, une certaine autonomie énergétique, ainsi qu’une empreinte écologique modérée ; 

  • permettant le développement  de liens privilégiés entre paysans par des échanges et une certaine coopération en, vue de constituer une plus grande masse critique en termes de capacité de production, transformation, commercialisation ;

  • permettant une meilleure gouvernance locale, au sein d’un maillage d’Ecorégions proches, entre l'agriculture, l'économie locale et la consommation locale.

 
 

 

 
 

 

 
 

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