CRDD   -   Centre Régional   du  Développement Durable


 

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Développement durable: historique.
 
 

Dès 1968,  quelques personnalités occupant des postes relativement importants dans leur pays respectif souhaitent que la recherche s'empare du problème de l'évolution du monde, pris dans sa globalité, pour tenter de cerner les limites acceptables de la croissance économique dans la société de consommation. Ils créent un groupe de réflexion, le « Club de Rome », réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, à l'initiative d'industriels de 53 pays, qui financent leurs travaux. Le but : proposer des solutions ayant trait à la « gouvernance mondiale » dans son aspect environnemental et énergétique. Le Club de Rome se fit connaître mondialement en 1972, à la fin des « Trente glorieuses »,  par un premier rapport, « The Limits to Growth », traduit en français par l'interrogation « Halte à la croissance ? » dont la rédaction fut confiée à une équipe de chercheurs du « Massachusetts Institute of Technology ». Ces chercheurs reconnaissent que  « La planète n’est pas assez vaste et ses ressources ne sont pas suffisantes pour tolérer plus longtemps le comportement égocentrique et agressif de ses habitants. Plus nous nous approchons des limites matérielles de la terre, plus ce problème risque d’être insoluble.  Le progrès technique ne fera que différer l’effondrement inéluctable de l’écosystème mondial qui ne peut supporter cette croissance exponentielle. Il semble dès lors indispensable de substituer l’équilibre à la croissance. »

 

Depuis 1980, le néo-libéralisme a imposé l’idée selon laquelle l’économie de marché est  le modèle de l’organisation de la société, l’Etat ne devant intervenir que dans la mesure où il ne perturbe pas les mécanismes de fonctionnement de cette économie de marché.

La mondialisation de l’économie de marché, basée sur le libre échange, entraîne l'intégration croissante des économies dans le monde entier, au moyen surtout des courants d'échanges et des flux financiers à l’échelle mondiale. Grâce à la mondialisation des marchés, il devient possible de tirer parti de marchés plus nombreux et plus vastes dans le monde. Cela signifie que l'on peut avoir accès à davantage de capitaux et de ressources technologiques, que les importations sont moins coûteuses et que les débouchés pour les exportations sont élargis.

 

« Chaque nation, grâce à la spécialisation et à l’échange pourra ainsi consommer une quantité supérieure de différents biens à celle qui correspond à la production autarcique. C’est ce qu’on appelle le gain à l’échange. » In « Analyse économique de la mondialisation – Politique Commerciale Internationale- Prof. J. Gazon  SEII- Ulg http://www.ecoint.hec.ulg.ac.be/dcours.htm »

La pratique commerciale qui découla de la mondialisation de l’économie de marché permit d’introduire une autre dimension à la consommation des biens : la possibilité d’une consommation maximale, bien au-delà des possibilités offertes par la production nationale, mettant ainsi fin à l’autarcie, les importations nécessaires étant payées avec le fruit des exportations.

L’accroissement de la production, concomitante et indispensable à l’amélioration de la qualité de vie souhaitée aboutit alors, d’une part à une production de masse pour les produits standards (tôles d’acier…) dans de grands ensembles industriels et d’autre part à une production de biens différenciés (aciers spéciaux…) dans des unités de production de moindre taille. Cet accroissement fut obtenu par un développement industriel accru fondé sur l’accroissement de l’énergie disponible, sur divers progrès technologiques et sur l’accroissement des moyens de transport. Les équipements industriels prirent alors une dimension telle que la production acquit des rendements croissants de manière à ce que les entreprises restent compétitives et leur permettent de réaliser des économies d’échelle  leur permettant de vendre leur production à moindre coût. Cet accroissement de taille et de rendement, donc de volume de production, les obligea également à étendre leurs débouchés par la pénétration des marchés étrangers d’où la nécessité de la mondialisation de l’économie.

 

En 1987, la « Commission mondiale sur l’environnement et le développement  », organisée par les  Nations-Unies, introduit l’expression « développement durable ». .

Cette expression est définie dans le « Rapport BRUNDTLAND», comme  « correspondant à la préoccupation d’assurer un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Mais à l'analyse du « Rapport BRUDTLAND», le « développement durable » s'avère être plus qu’une préoccupation et plus qu'un concept. C’est une volonté et un appel à un changement profond de comportement de l’homme et de  la société, étant entendu, notamment, que les ressources naturelles de la planète ne sont pas illimitées, que la capacité de la nature à guérir de toutes les blessures lui infligées par l’homme est limitée et que l’intelligence de l’homme ne lui permettra pas toujours de réparer les erreurs commises au nom du progrès.

La pratique du développement durable nécessite de ce fait une certaine capacité d'anticipation d'un futur lointain ainsi qu'une certaine capacité de changement culturel. Changement culturel intégré dans tous les gestes et dans toutes les actions de la vie quotidienne et qui dépasse un cadre de réflexion étroit et morcelé, qui exige une modification radicale de nos schémas de pensée, de nos priorités décisionnelles et de nos perspectives d’avenir.

Ce développement sociétal durable ne peut être réalisé de façon exclusivement locale ou nationale. Il doit pouvoir s’appuyer sur une action importante au niveau mondial.

De plus, il doit se concrétiser par l’intégration de quatre politiques de développement ; une politique sociale, une politique économique et une politique environnementale s'appuyant sur une politique culturelle spécifique.

Toute pratique du développement durable doit donc s'articuler en même temps, par le recours à une pensée globale, au niveau de plusieurs domaines cognitifs. C'est pour cette raison notamment que toute approche du développement durable est difficile et délicate. Car le recours à la pensée globale n'est pas à la portée de tout le monde.

La pensée globale ne peut résulter que d'une réflexion qui, dégagée de toute idéologie et de tout dogme, soit méthodique,corrélative, systémique, critique et ordonnée.

C'est n'est que par une telle pensée globale qu'il est possible de faire apparaître les corrélations et les implications transversales des faits, des données et des décisions.

 

En 1992, la « Conférence sur l’Environnement et le Développement – CNUED » organisée par les Nations Unies, tenue à Rio pose les jalons d’un développement durable mondial pour aborder le 21ème siècle. Les 180 chefs de Gouvernements et chefs d’Etats présents adoptent cinq documents liant les questions de développement durable aux questions d’environnement:

  • la Convention sur le climat affirmant la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour combattre le réchauffement climatique ;
  • la Convention sur la biodiversité affirmant la nécessité de protéger les espèces animales et végétales ainsi que les écosystèmes fragiles et impliquant la mise sous conditions de l’utilisation du patrimoine génétique mondial ;
  • la Déclaration de principe pour la gestion, la conservation et le développement durable de tous les types de forêts, insistant sur la dimension sociale, écologique et économique des forêts ;
  • la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement énonçant 27 principes fondamentaux d’orientation pour un développement durable mondial ;
  • l’Agenda 21 (ou Action 21) présenté comme programme d’action pour assurer un développement durable mondial pour le 21ème siècle. Ces actions sont regroupées en une quarantaine de chapitres et comprennent 2.500 recommandations

Plus concrètement, l’ « Agenda 21 », qui constitue au niveau international le programme d’action à mener dans le cadre de la concrétisation du développement durable, s’articule, dans un cadre institutionnel, autour de 4 pôles majeurs et interdépendants qui sont l’économie, l’environnemental, le social et le culturel et définit les champs prioritaires d’action pour progresser vers un développement durable :

a)      La dimension sociale et économique :

-Coopération internationale visant à progresser rapidement vers un développement durable dans les pays en voie de développement

-Lutte contre la pauvreté

-Modification des modes de consommation

-Dynamique démographique et durabilité

-Protection et promotion de la santé

-Promotion d'un modèle viable d’aménagement du territoire et de l’urbanisme

-Intégration du processus de prise de décisions sur l'environnement et le développement

 

 b) La conservation et la gestion des ressources :

-Protection de l'atmosphère

- Conception intégrée de la planification et de la gestion des terres

- Lutte contre le déboisement, la désertification et la sécheresse

- Mise en valeur durable des montagnes

- Promotion d'un développement agricole et rural durable

- Préservation de la diversité biologique

- Protection des océans, des mers et des zones côtières

- Protection des ressources en eau douces et de leur qualité

- Gestion écologiquement rationnelle (des substances chimiques toxiques, des déchets dangereux, solides et radioactifs.)

 

c) Le renforcement du rôle des neufs principaux groupes sociaux  identifiés à Rio :

- Femmes

- Enfants et jeunes

- Populations autochtones et leurs communautés

- ONG – essentiellement d’environnement et de développement –

- Collectivités et autorités locales

- Travailleurs et syndicats

- Commerce et industrie

- Communauté scientifique et technique

- Agriculteurs

 

d) Les moyens de mise en œuvre :

- Ressources et mécanismes financiers

- Ressources et mécanismes financiers

- Transfert de techniques écologiquement rationnelles et coopération internationale

- Science au service d'un Développement Durable

- Promotion de l'éducation, de la sensibilisation du public et de la formation

- Instruments institutionnels et juridiques adaptés

- Information et concertation.