| |
|
On
pourrait s'étonner de ce que le CRDD prenne en considération,
dans le cadre de ses préoccupations portant sur le développement
sociétal durable, la problématique de "l'Enseignement qualifiant". Mais, il faut savoir, qu'il y a
quelques années, le CRDD avait mené une étude portant sur "l'inadéquation
de l'enseignement aux besoins de la société et des individus en
Communauté française de Belgique" qui
lui avait permit de mettre en évidence toute l'importance du capital
humain au niveau du développement social et économique et d'insister
sur la nécessité de renforcer le stock et la qualité de ce capital
humain en
vue d'assurer un développement sociétal durable.
|
| |
|
Il apparaissait clairement que, dans le cadre de
ce développement sociétal durable, les adultes doivent endosser
la responsabilité de l’acquisition, par les jeunes, de
comportements, de valeurs démocratiques et de valeurs
culturelles qui garantissent la qualité du capital humain
de demain. Il leur incombe, notamment, d'empêcher les jeunes de se perdre dans la « pensée unique » et
de stagner dans la « culture de la consommation ».
|
| |
|
Considérant que l'enseignement devrait être par essence une
préoccupation majeure des adultes permettant de faciliter une
insertion durable sur le plan culturel et social des jeunes dans la
société de demain, le CRDD avait dénoncé la difficulté rencontrée
par ces adultes à identifier les valeurs et les besoins de cette
société de demain. |
| |
| La "Refondation
de l'enseignement qualifiant " , dont il est question actuellement
dans les milieux de l'enseignement en Belgique,
et "l'Uniformisation de la
certification des formations en Europe" tentent
justement d'identifier les valeurs et les besoins de cette société de
demain et d'apporter un éclairage nouveau sur la formation
professionnelle dans tous les domaines et à tous les niveaux de
l'activité humaine.. |
| |
|
| |
|
1.
Refonder l’enseignement qualifiant en Belgique: |
|
In http://www.enseignement.be/download.php?do_id=69538&do |
|
|
|
"Madame Simonet, Ministre de
l’Enseignement obligatoire en Belgique vient de présenter au
« Conseil général de concertation pour l’Enseignement secondaire » son
projet pour « refonder le qualifiant ». |
|
L’enseignement secondaire qualifiant, technique et professionnel,
s’organise actuellement en Belgique sur un mode traditionnel et
sélectif, comme l’enseignement général, avec un découpage des cours en
périodes de 50 minutes et une organisation par année scolaire.
|
|
|
|
D’après Mr Baudouin Duelz, chef de cabinet adjoint de la Ministre de
l’Enseignement obligatoire, « cette organisation est peu motivante pour
des jeunes
dont 75% sont en retard scolaire lorsqu’ils arrivent en 5 ème année. Les
objectifs sont lointains : la 1re qualification ne s’obtient
qu’en 6e. Cette absence de perspective conjuguée au
redoublement est certainement explicative
de l’abandon scolaire. Il faut arrêter de comparer le qualifiant au
général et le refonder en lui rendant une culture spécifique. |
|
|
|
...C’est
l’objet d’un projet-pilote qui va démarrer en septembre 2011 au 3e
degré dans trois secteurs : l’automobile, la restauration et
l’assistance en pharmacie. La formation technique y sera réorganisée en
unités d’apprentissage
ensembles cohérents de savoirs et compétences
organisables selon un découpage modulaire. |
|
|
|
...Elles
s’intègreront aux standards internationaux : le cadre européen des
certifications(
CEC
), le système de crédits européens pour la formation
et l’enseignement professionnels(
ECVET
).
À terme, un apprenant pourra capitaliser des unités acquises, à
l’échelon européen, chez tous les opérateurs de formation et pas
seulement dans l’enseignement. " |
|
In
http://www.enseignement.be/download.php?do_id=69538&do |
| |
| |
|
2.
Uniformisation de la certification des formations en Europe . |
| In http:// ec.europa.eu/education/policies/2010/doc/ecvt2005_fr.pdf |
| |
|
2.1. Engagement des Etats dans la construction d’une Europe
de la certification : |
| |
|
Trois étapes importantes marquent
l’engagement des États dans la construction d’une Europe de la
certification des formations : |
- le Traité de Rome en 1957,
berceau de la « Communauté économique européenne et du Marché commun » ;
- le Traité de Maastricht qui, en
1992, a créé la Communauté européenne;
- les
Conclusions du « Conseil européen »
(sommet des chefs d’Etat) de Lisbonne
qui ont été
déclinées, pour ce qui concerne la formation professionnelle, lors du
« Conseil européen » de Barcelone de 2002.
|
|
À
chacune de ces étapes correspond une logique de mise en cohérence des
systèmes de formation professionnelle : |
-
les directives fixées par le Traité de Rome portant sur la
reconnaissance des certifications professionnelles;
-
les règles de la subsidiarité fixées par le traité de
Maastricht ;
-
la « méthode ouverte de coordination »
-
MOC fixée par le
Conseil de Lisbonne
|
|
Le Traité de Rome (1957) aborde la reconnaissance des certifications
professionnelles sous la forme d’une réglementation que les états
choisissent de s’imposer par le biais de directives. Ces dernières sont
contraignantes quant aux résultats à atteindre et au délai pour ce faire,
mais elles laissent aux instances nationales le choix de la forme et des
moyens. Des directives assurent ainsi « la reconnaissance mutuelle
des diplômes, certificats et autres titres » (article
57 du Traité de Rome), afin de
supprimer le barrage que pouvaient constituer les certifications
nationales à la liberté d’établissement des travailleurs dans un autre
pays et favoriser ainsi leur libre circulation….
|
| |
|
À côté de cette approche, qui vise principalement des marchés
professionnels du travail, s’est mise en place au début des années 1980,
sous l’égide du CEDEFOP (Centre européen de développement de la formation), une
démarche de recherche de correspondance des qualifications.
Elle partait d’un principe d’identité des contenus
d’activité des emplois plutôt que d’équivalence des contenus de formation.
L’opération, très complexe, a été abandonnée. Selon les conclusions de
l’évaluation de cette démarche, « les définitions [de qualification]
auxquelles on aboutit ne correspondent ni à une situation européenne, qui
est d’ailleurs purement abstraite, ni à aucune réalité nationale ».
À cette période, l’éducation et les politiques éducatives relevaient
exclusivement de la souveraineté nationale
(cette
exclusive conduisait au subventionnement, par la Commission européenne et
le FSE-Fonds Social européen, de la seule formation professionnelle
organisée par le Ministère du Travail et de l’Emploi belge) .
|
|
Mais progressivement s’est dessinée une européanisation de ces questions,
dont on trouve les prémices en 1981 avec la création, au sein de la
« Commission européenne », d’une direction dédiée
aux actions en matière d’éducation et de formation dans le cadre de la « Direction
générale des Affaires sociales et de l’Emploi » . |
|
|
|
Le « Conseil européen » de Lisbonne, en 2000, constitue une autre
étape significative. |
|
Il a en effet inscrit son objectif stratégique, « Devenir l’économie de
la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde… »
dans un programme de travail baptisé « Éducation et Formation 2010 ».
|
|
Il
fixe également une méthode, la méthode ouverte de coordination (MOC),
susceptible de respecter les souverainetés nationales tout en visant des
buts communs : des lignes directrices et des objectifs que chacun s’engage
à atteindre sont définis. Les objectifs sont assortis d’indicateurs et
d’un calendrier que chaque État membre s’engage à respecter. Un processus
d’évaluation et de suivi permet des réajustements éventuels.
|
|
|
|
Par ailleurs, le "Conseil européen de Lisbonne" a entériné un
projet de coopération européenne renforcée pour l’éducation et la
formation professionnelle intitulé « Processus de Bruges-Copenhague
» qui a fixé quatre priorités : la transparence, l’information et
l’orientation, la reconnaissance des qualifications et des diplômes,
l’assurance qualité.
Concrètement, le processus de Bruges-Copenhague a officialisé l’Europass,
un ensemble de cinq documents permettant à chacun de présenter ses
compétences et qualifications de façon standardisée. Il a également
suggéré d’élaborer « des niveaux de référence, des principes communs pour
la certification et des mesures communes y compris un système de transfert
de crédits ». |
| |
|
Cette suggestion a débouché ces dernières années sur deux propositions : |
-
la construction
de l’European Qualifications Framework (EQF),
un cadre européen de qualification destiné à permettre le
positionnement européen des certifications nationales et à
articuler les cadres nationaux de certification présents ou à venir;
-
l'European Credit in Vocational Education and Training
(ECVET),
un système européen d’accumulationn et de transfert d’unités
capitalisables pour l’enseignement professionnel qui suppose la
mise en place de standards définis en termes de compétences définis dans un cadre européen des certifications professionnelles (CECP)
et attribuant des points de crédits d’apprentissage européen pour la
formation et l’enseignement professionnel (ECVET). Points de crédits qui
sont transférables lors du passage d’un système d’EFP (Enseignement et
Formation Professionnelle) à un autre.
|
| |
| |
| 2.2.
Système européen d'accumulations et de transfert d'Unités capitalisables
pour l'enseignement et la formation professionnelle: |
| |
|
Le rapport intermédiaire conjoint du Conseil Education et de la
Commission sur la mise en œuvre du programme « Education et
formation 2010 » a fixé comme une de ses priorités la mise au point de
références et de principes européens communs comme autant de contributions
à la stratégie de Lisbonne pour « faire de
l’apprentissage tout au long de la vie une réalité concrète »
et, parmi ces références et principes, « un
système européen de transfert d’unités capitalisables pour
l’enseignement et la formation professionnels ». |
| |
|
La résolution du Conseil adoptée le 12 novembre 2002 ( Education, Jeunesse
et Culture) et la déclaration de Copenhague du 30 novembre 2002 ont établi
la priorité à donner au développement d’un système de transfert d’unités
capitalisables pour l’EFP(Enseignement Formation Professionnelle) comment
étant l’une des mesures communes nécessaires à la promotion de « la transparence, la comparabilité, la transférabilité et
la reconnaissance des compétences et/ou des qualifications, entre
différents pays et à différents niveaux ». |
| |
|
Mandat a donc été donné à un groupe de travail pour explorer les options
possibles pour la conception, la mise en oeuvre et le développement d’un système de transfert de crédits compatible avec les spécificités de
l’enseignement et de la formation professionnels. Ce groupe de travail
technique est constitué d’experts désignés par les Etats et de
représentants des partenaires sociaux. Il a dû affronter le défi qui a
consisté à jeter les bases d’un dispositif ECVET qui permette le
dialogue et les échanges entre des systèmes
d’enseignement et de formation professionnels (EFP) très différents les
uns des autres, tant en termes de concepts que d’organisations
pédagogiques….. |
| |
|
…L’un
des défis majeurs auquel il est fait face dans la conception d’ECVET
est celui du grand nombre et de la diversité :
o
des acteurs et des autorités impliqués dans le système ;
Dans le secteur de l’enseignement et de la formation professionnels, des
autorités et des organismes très nombreux et d’une extrême diversité
interviennent, tant pour ce qui est de la définition des qualifications,
de la définition des objectifs de formation, des modalités d’évaluation et
de validation des acquis, de détermination du nombre et du contenu des
unités ou des modules et du nombre de points de crédit, de la mise en
œuvre des programmes de formation
…. Peuvent ainsi intervenir un large éventail de divers prestataires, les
ministères (de l’éducation, de l’emploi, de l’agriculture …), des
agences, les branches professionnelles, les entreprises, les partenaires
sociaux, les chambres de commerce … Dans certains cas, une autorité
nationale accrédite ou habilite des prestataires de formation ou d’autres
intervenants pour la conception et la délivrance des qualifications, des
points de crédit etc. Dans tous les cas, il est crucial d’identifier les
autorités légitimes.
o
des qualifications, tant en termes de niveaux que de
spécifications ;
Pour ce qui concerne l’enseignement et la formation professionnels, à
l’échelle européenne, il existe un très grand nombre et une très grande
variété de qualifications, diplômes, grades, certificats, distinctions
etc. Dans de nombreux pays existent des systèmes de niveaux et de
classification des qualifications, articulés ou non à l’organisation des
cycles d’enseignement ou de formation, ainsi que des systèmes
d’accréditation ou de régulation des qualifications.. Il existe également
des systèmes de qualifications basés sur l’accumulation d’unités (avec ou
sans points de crédit). Par ailleurs, selon les systèmes, les
qualifications peuvent être obtenues soit à la suite d’un seul type de
programme de formation formelle, soit à la suite de plusieurs types de
programmes, soit enfin quel que soit le parcours d’apprentissage, formel,
non formel ou informel… |
| |
|
Au plan technique, ECVET est basé d’une part sur la description des
qualifications en termes de connaissances, savoir-faire et compétences,
organisés en unités (unités capitalisables qui peuvent être
transférées et accumulées), d’autre part sur l’allocation de points de
crédit aux qualifications et aux unités, au regard du poids relatif de
chacune d’elles. A ces principes techniques correspondent des dispositions
et méthodologies applicables ainsi que des instruments et outils nécessaires
à la mise en œuvre concrète du système au service des citoyens……" |
| |
| In http:// ec.europa.eu/education/policies/2010/doc/ecvt2005_fr.pdf |
| |
| |
| |
| |
| |
| |