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Lutte contre l'exclusion sociale et culturelle.

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La maxime qu'énonçait Henri Ford, en 1926, « Une entreprise doit faire du profit, sinon elle meurt. Mais, si quelqu’un essaie de diriger une entreprise en ne pensant qu’au profit et nullement au bien-être de la communauté alors l’entreprise meurt aussi, car elle n’a aucune raison d’exister. » semble avoir été complètement oubliée par l'entreprenariat et certains politiques.

 
 

Tel qu’organisé actuellement, le développement sociétal est basé quasi exclusivement sur la croissance économique, qui, elle même, est basée uniquement sur le profit réalisé par quelques uns, sans vraiment prendre en compte la protection de l’environnement, le sort des personnes, qui vivent au quotidien les maux insupportables, que sont les inégalités et les exclusions sociale et culturelle.Il ne peut donc perdurer du seul fait que cette croissance inconsidérée engendrera, un jour ou l’autre, un désert socio-économique stérile sur lequel on ne pourra plus rien construire ou exploiter, créant ainsi une véritable catastrophe économique, sociale et mondiale.

 
 
   
Pour faire face à une telle éventualité, il est nécessaire de mettre en oeuvre des politiques renforçant, à tous les niveaux de pouvoir, le dialogue systématique avec les représentants des collectivités régionales et locales, leur participation à la prise de décision et à la recherche de cohérence, à un stade précoce de l’élaboration des politiques, favorisant ainsi la globalisation et la transversalité au travers d’un dialogue socio-centré , base fondamentale de la pratique de tout développement social durable.
Développement social durable qui devra posséder, avant tout, une dimension  humaine, prenant en compte la difficulté de l'intégration sociale dans une société néo-libérale marchande qui conduit à un affaiblissement du tissu social entraînant le cortège du chômage, de la menace d’une exclusion sociale et culturelle,  la précarité, le recours à une assistance sociale, la difficulté à bénéficier d’un logement salubre, l’instabilité de la cellule familiale, au décrochage scolaire, au manque d’employabilité.
 
 

Toute politique de développement social durable devra mettre en oeuvre non seulement des mesures de protection immédiate de toute personne victime de l'exclusion sociale au niveau des soins de santé mais également au niveau du  logement, fût-il  provisoire en attendant la réinsertion sociale 

 
 

Toute politique de développement social durable devra surtout mettre en oeuvre des mesures préventives de lutte contre le décrochage scolaire précoce parmi les enfants de familles défavorisées ou en état de précarité sociale et culturelle dont certains n’ont connu que des parents demandeurs d’emploi, et qui ne sont pas enclin à poursuivre des études qui  leurs semblent conduire qu’à l’exclusion du monde du travail.

Mesures préventives d'autant plus nécessaires que l’évolution technique et technologique du monde du travail a réduit considérablement le besoin en main d’œuvre peu ou non qualifiée.

De telle sorte que les jeunes qui quittent prématurément l’école, sans avoir terminé une quelconque formation professionnelle initiale, vont se trouver immédiatement en difficulté au sein de la société.

 
 

Ces mesures de lutte contre le décrochage scolaire précoce doivent se développer dans le cadre d'une politique plus large de lutte contre la violence juvénile à l'école.

Ces dernières mesures devraient garantir des conditions de travail, assurant à la fois la sécurité et une ambiance propice à l’étude, au sein des établissements scolaires, de manière à permettre à l'école d'assumer son rôle majeur qui est, encore et toujours,  d’accompagner les enfants durant leur phase de mutation vers  l’adolescence et de les guider ensuite  dans leur devenir d’adulte, citoyen de la société de demain muni des connaissances, des comportements et compétences permettant son insertion harmonieuse dans  la vie active et dans la société de demain.

 
     
 

On ne peut évoquer la problématique de la lutte contre l'exclusion sociale et culturelle sans aborder une des causes principales qui préside cette problématique aujourd'hui, à savoir, les délocalisation d'activités économiques.

 
     
 

La mondialisation de l’économie développée pour répondre aux besoins sans cesse accrus de la consommation de biens, nécessite, dans une économie mondialisée et basée sur le libre-échange, des « gains à l’échange » de plus en plus élevés.

 
 

Ces gains à l’échange peuvent s’acquérir par la spécialisation de la production. Cette spécialisation nécessite une mutation industrielle, plus ou moins importante dans l’espace et le temps. Mutation industrielle qui ne sera que temporaire en raison de la durée de vie relativement courte de tout produit de consommation mis sur le marché mondial.

 
 

En effet, toute mise sur le marché, par une firme innovatrice, d’un nouveau produit de consommation, ne peut être que temporaire dans le cadre de la dynamique commerciale mondiale.

 
 

Cette mise en oeuvre entraîne donc des coûts de production élevés qui ne peuvent être supportés, au début de la commercialisation du produit, que par une clientèle  de consommateurs ayant un niveau de vie élevé et située dans une zone géographique bien déterminée. Cependant au fur et à mesure que la production et la vente, du dit produit, augmente l’innovateur réalise des économies d’échelle ce qui lui permet de réduire  ses prix de vente et de pénétrer des marchés nouveaux. Mais en même temps la concurrence se manifeste de plus en plus, obligeant l’innovateur à une nouvelle diminution de ses prix et de son profit.

 
 

Cette situation pousse les entreprises à délocaliser  et à transférer leur activité la production  vers un autre pays moins développé offrant momentanément, un nouvel avantage comparatif, grâce au coût moins élevé de sa main d’œuvre par exemple.

 
 

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"Le consommateur, de moins en moins attentif à l'origine des produits qu'il achète,, accepte le principe d'un marché mondial de la production des biens de consommation que le salarié a, lui, bien du mal à accepter.  Une dichotomie de plus en plus marquée apparaît ainsi entre les trois statuts simultanés de l'individu « employé » / « consommateur » / « citoyen ». Elle s'exprime par une contradiction entre la recherche permanente des prix les plus bas, l'indifférence aux discours de consommation citoyenne et les multiples revendications sociales de ces mêmes individus. Le phénomène semble comparativement plus fort en France que dans d'autres pays (Etats-Unis, Allemagne...) où la consommation « nationale » est privilégiée."

In"Rapport d'information n°416 de la session ordinaire 22 juin 2005 du Sénat français"

 
     
 

Cette dérive de l'économie a entraîné une augmentation des taux de chômage  en Europe occidentale et notamment parmi les jeunes européens. Le taux de chômage des jeunes  atteignait 18,7 % en 2004 soit deux fois le taux moyen de chômage en Europe.

 
 

C'est pourquoi les nouvelles lignes directrices pour l'emploi, développées par la "Commission européenne" et qui couvre la période de 2005 à 2008, préconisent:

 
 
  • une meilleure intégration socioprofessionnelle des jeunes:

 
 
  • près de 20 % des jeunes européens de 15 ans n'atteignent que le plus faible niveau de compétences en lecture – écriture, près de 16 % des jeunes âgés de 18 à 25 ans ont quitté l'école sans avoir terminé l'enseignement secondaire inférieur et sans véritable formation professionnelle. Ils risquent de tomber prématurément dans le cycle d'inactivité-emplois précaires-pauvreté.

  • près de 3,5 millions de jeunes sont déscolarisés ou sans emploi

  •  le "Pacte pour le jeunesse" signé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, en mars 2005, ainsi que le "Document d'orientation" de la "Commission européenne" se concentrent sur la nécessité urgente d'améliorer l'emploi des jeunes, leur insertion professionnelle et leur progression sociale, leur mobilité, leur formation.

 
 
  • un renforcement de la capacité d'adaptation des jeunes travailleurs et des entreprises

 
 

Il apparaît clairement, notamment au lendemain des manifestations contre l'application du décret "CPE", qui se sont déroulées en France, en mars-avril 2006, que les jeunes aujourd'hui sont conscients de ce que le système d'enseignement contemporain est inadapté aux besoins de la société moderne. Certaines filières d'enseignement, relevant tant de l'enseignement secondaire que de l'enseignement supérieur universitaire ou non universitaire, ont des contenus et des niveaux de formation professionnelle totalement inadaptés aux besoins de la société actuelle et aux réalités de la vie active. 

 
     
 
 

Considérant que

  • l’OMC qui agit comme régulateur, dans la sphère commerciale, entre pays membres en vue d’aider les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités, n’a pas pour mission de réguler les inégalités et l’insécurité sociale découlant des situations dramatiques créées par l’économie de marché mondialisé;
  • les situations dramatiques créées notamment par les délocalisations d’entreprises vers des pays émergents, qui offrent une main-d’œuvre à très bon marché. Délocalisations d’entreprises qui entraînent une augmentation conséquente du chômage dans les pays d’origine, sans pour autant  participer vraiment au développement des pays émergents qui les accueillent. Cette situation persistante au niveau mondial est préjudiciable non seulement pour le monde du travail, mais peut également interférer avec le secteur économique tout entier et devenir préjudiciable à sa stabilité;
  • aucune instance internationale n’est, actuellement, ni en mesure, ni prévue pour intervenir comme régulateur social dans l’économie de marché mondialisé au même titre que l’OMC, qui intervient comme régulateur économique;

dix associations réunies  en partenariat (1) , revendiquent notamment que l'Europe prenne les mesures nécessaires pour exiger la création et l'activation d'un véritable régulateur social au niveau international susceptible de combattre l'exclusion sociale et la dérive des générations futures dans le désespoir faute vivre  un avenir plus accueillant.

 

 
     
  (1) Dix association réunies en "Assemblée générale" à Ellezelles -Hainaut Occidental - , le 20 février 2007:  
 

« Comité pour le Développement durable des Collines par ses Habitants –CDCH  »,

« Groupe Rural pour une Autre Mondialisation – GRAM »,

« Commission Qualité de la vie de la Maison de la Culture d’Ath »

« Entraide et Fraternité - Hainaut » ,

« Vivre Ensemble Education- Hainaut»,

« Groupe d’Ecologie Rurale »,

« Commission Logement Frasnes »,

« Locale Nature et Progrès des Collines »,

«  Action Chrétienne Rurale des Femmes »,

« Centre d’Information et d’Education Populaire-CIEP »,

 
 
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