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Trop faible consommation de
fruits et légumes frais: |
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En raison
du constat de la faible consommation en fruits et
légumes dans nos pays occidentaux, l'OMS et le
Parlement européen ont fait part de nombreuses
recommandations nutritionnelles en vue de promouvoir
la consommation de fruits et légumes frais. |
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Selon une expertise scientifique effectuée par l'INRA
(Institut National de la Recherche Agronomique de
Paris) en 2007, trois arguments sous-tendent ces
recommandations nutritionnelles: |
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un apport en
micronutriments ( fibres, carotène, vitamines C et
B9, potassium...) nécessaires au bon fonctionnement
de l'organisme humain;
-
un effet protecteur contre les grandes pathologies
chroniques que sont les maladies cardiovasculaires,
neurodégénératives et métaboliques ainsi que les
cancers;
-
un contenu énergétique faible favorable pour
combattre l'obésité précoce.
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Bien qu'acceptées par la plupart
des citoyens, ces recommandations restent cependant
lettre morte et les comportements des citoyens ne s'y
adaptent pas. La consommation de fruits et légumes
frais reste très faible. Pourquoi ? |
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Bien que
le marché des fruits et légumes frais fasse de gros
efforts pour promouvoir ses produits et pour
présenter une large palette de fruits et légumes
frais, souvent acheminés de lointaines contrées et
savamment conditionnés dans des emballages attrayants,
la consommation n'en augmente pas et reste inférieure
aux recommandations nutritionnelles. |
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| Y
aurait-il des obstacles économiques, culturels, des
obstacles liés au caractère périssable des fruits et
légumes frais ou liés à une crainte en rapport avec
les nombreux traitements phytosanitaires imposés aux
fruits et légumes durant leur croissance et leur
conditionnement ? |
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En réalité les principaux freins à
la consommation des fruits et légumes sont bien connus
ce sont: |
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le prix relativement élevé;
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le caractère périssable des
fruits et légumes;
-
les préférences des consommateurs
devenues largement fonction de leur éducation et du marketing
nutritionnel développé notamment par l' industrie agro-alimentaire;
-
l' indisponibilité des
consommateurs par rapport
au temps nécessaire à la préparation ou au conditionnement des fruits et
légumes frais;
-
l' habitude de recourir aux produits transformés et aux plats pré cuisinés.
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| Les
traitements phytosanitaires : |
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D'après
les services responsables de la sécurité alimentaire
il n'aurait pas de danger à consommer des fruits et
légumes ayant subi des traitements à base de pesticides répondant aux normes établies par les plans
de surveillance nationaux des Etats membres de l'Union
européenne. |
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On peut
cependant s'inquiéter de ce que les fruits dans
certains vergers reçoivent jusqu'à une dizaine de
traitements fongicides et une dizaine de traitements
insecticides/acaricides par récolte. |
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On peut
également s'étonner de ce que les plants de pomme de
terre reçoivent jusqu'à une quinzaine de traitements
tantôt d'herbicide,
tantôt de fongicides préventifs ou d'
insecticides à large spectre. |
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On peut
également s'inquiéter d'apprendre que plus de 1.000
produits phytopharmaceutiques sont agréés pour plus de
300 substances actives. |
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D'après l'INRA, le niveau d'exposition aux pesticides
induit par une forte consommation de fruits et légumes
resterait cependant généralement inférieur aux valeurs
toxiques de référence pour les risques chroniques.
Valeurs toxiques qui
intègrent des marges de sécurité importantes par
rapport aux risques évalués chez l'animal . |
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Mais, il convient cependant de préciser que la
présence de résidus de pesticides, sur ou dans des
fruits et légumes frais, a été détectée chez des
individus les ayant consommé et ce grâce à des
marqueurs biologiques de l'exposition à des familles
de pesticides comme les insecticides
organophosphorés. |
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Le risque réel de ces pesticides pour l'homme n'est
cependant pas encore clairement connu. De telle sorte
que la réglementation européenne se renforce
progressivement tout en excluant du marché les
substances préoccupantes et en tenant compte de
la nécessité d'harmonisation européenne des limites
maximales autorisées. |
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L'AFSCA a effectué, en 2006, un dépistage
de différents pesticides
sur plus de
1.300 échantillons de fruits et légumes frais . |
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Près de 50% des échantillons testés présentaient des
résidus de pesticides en dessous des LMR (
limites maximales des résidus qui n'entraient pas de
dépassement de la dose journalière acceptable - DJA)
et 8%
excédaient ces LMR. |
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Sur les 521 échantillons de fruits contrôlés 11 %
présentaient un dépassement des LMR. |
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Il convient de
remarquer que ces risques d'absorption de résidus de
pesticides par les consommateurs est nettement moindre
dans le cas d'une consommation de produits issus de
l'agriculture biologique ou de la culture en serre
biologique où
se pratique le "biocontrôle"
, dans le cadre de la lutte contre les insectes
ravageurs de culture, par le recours
à des
pièges à phéromones, à des "insectes amicaux" (coccinelles),
à de bactéries
(bacille de Thuringe), à des
champignons |
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Il existe
une autre possibilité pour réduire les risques liés à
la consommation de fruits frais : le retour à des
variétés anciennes résistant aux maladies. Bien
évidemment ces variétés n'ont probablement pas toutes
les propriétés souhaitées actuellement par le marché
industriel (
rendement élevé, nombre limité de variétés mis sur le
marché, comportement favorable à la conservation et
enfin aspect esthétique prononcé) mais elles auraient le mérite de
nécessiter beaucoup moins de pesticides et de plus
d'avoir des propriétés gustatives nettement
supérieures . |
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La conservation du végétal vivant: |
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Certains fruits et légumes sont souvent cueillis
précocement pour conserver une texture ferme et
pour résister aux nombreuses manipulations ainsi qu'à
des temps de conservation prolongée lié à leur
transport à longue distance. Cette pratique
d'approvisionnement de denrées alimentaires à longue
distance nécessite une récolte anticipée par rapport à
la maturité physiologique de ces denrées. Cette
récolte anticipée se fait alors au détriment de
certaines qualités nutritionnelles et qualités
organoleptiques, principalement gustatives. |
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L'inquiétude croissante que
suscitent les risques de contamination microbienne et
la formation de sous-produits chlorés toxiques a amené
le développement de multiples processus de
conservation du végétal vivant. |
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Les sources de contamination du
végétal vivant en entrepôt sont nombreuses: les
produits frais peuvent être contaminés par des
champignons et des bactéries pendant leur croissance,
ainsi que tout au long du processus de le récolte à
l'entreposage. |
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Parmi les procédés utilisés on peut citer: |
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l'exposition à l'ozone,
dans l'air ou dans l'eau de lavage, des fruits et
légumes frais qui réduit considérablement les
germes pathogènes s'y trouvant, limitant ainsi par
désinfection les risques de détérioration voire
putréfaction durant la conservation dans un milieu
confiné;
-
le stockage
dans une atmosphère
contenant de l'ozone
qui va retarder la maturation des fruits et légumes
suite à la transformation en CO2 de l'éthylène, agent
de maturation contenu dans toute matière vivante;
-
l'irradiation des aliments,
par le recours à des sources de rayons X ou gamma, qui
permet de prolonger les délais de conservation et de
commercialisation des aliments en réduisant la charge
microbienne. L'avantage majeur de l'irradiation réside
dans la possibilité de traiter l'aliment au travers de
son emballage, évitant ainsi une nouvelle manipulation
et une novelle source de contamination. Il convient de
remarquer qu'après l'irradiation les aliments ne sont
pas devenus radioactifs;
-
le refroidissement et la
surgélation des produits alimentaires qui est une
méthode de conservation qui ralentit leur
dégradation durant la conservation.
Il est indispensable, pour éviter
une modification microbiologique et physique
importante au niveau cellulaire des produits
alimentaires traités, que le processus de surgélation
agisse rapidement; c'est le cas du processus
cryogénique à partit d'azote liquide
(-196 [°C] )ou de dioxyde de carbone liquide.[-78,5
[°C])
-
la lyophilisation
qui est un
procédé qui permet d'assécher les fruits et légumes
par sublimation, c'est à dire par un processus naturel
qui permet le passage direct de l'eau congelée à
l'état de vapeur sans passer par la phase liquide. Le
produit lyophilisé peut être conditionné dans un
emballage hermétique.
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Recours aux phytonutriments
(1): |
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Pour
réduire la carence en consommation de fruits et
légumes les nutritionnistes suggèrent de privilégier
l'augmentation des phytonutriments contenus
dans les fruits et légumes produits et ce sur base de
critères nutritionnels. Cette augmentation en
phytonutiments peut se faire en modifiant les
conditions environnementales de production et les
techniques culturales ou en ayant recours aux OGM.
Mais les augmentations ainsi obtenues sont de faible
ampleur en raison notamment de la méconnaissance de la
réaction des métabolismes impliqués dans ces
techniques. |
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La culture hors sol en serre recours déjà à cette
technique culturale, puisque les plants sont alimentés
en phytonutriments au goutte à goutte et en CO2 en vue
d'accroître la vitesse de croissance et le rendement.
Mais il semble qu’on éprouve des difficilcultés à
connaître l’équilibre et la nature de tous les
phytonutriments dont les plantes ont naturellement
besoin pour obtenir des produits savoureux.
D’autre part le manque de données comparatives ne
permettent pas de conclure sur les teneurs en
phytomicro-constituants dans les différents pratiques
culturales. Cependant il est clair que les teneurs en
composés
phénoliques apparaissent plus élevés dans les
produits issus de l'agriculture biologique
c'est la raison pour laquelle les fruits et légumes
issus de cette culture biologique ont plus de saveurs.
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(1)
Phytonutriments: ce ne sont ni des vitamines, ni
minéraux mais bien des composés phénoliques ou
polyphénoles, terpènes,ou soufrés qui sont des
métabolites secondaires doués de propriétés
biologiques et pharmacologiques favorables à la santé
de l'homme. Certains sont actifs par leur pouvoir
antioxydant, d'autres participent à la détoxification
enzymatique des substances cancérigènes présentes dans
l'organisme.. |
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| Culture bio ou pas ? |
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Des expérimentations rigoureuses ne
permettent pas de prouver de différences pour les
critères de qualité nutritionnelle au niveau
des glucides, oligo-éléments ou vitamines C entre
légumes issus de l'agriculture biologique et
conventionnelle. |
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Il convient cependant de remarquer qu'une
fertilisation azotée élevée, comme s'est le cas en agriculture
intensive, est défavorable à l'accumulation de vitamines C
dans les produits cultivés.
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Il semble
également que la culture
biologique n'entraîne pas d'augmentation de la teneur
en minéraux, en vitamines ou en composants bioactifs.. |
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En revanche les produits bio sont exempts de
résidus de produits phytosanitaires et ont une teneur
en nitrates moindre que les produits issus de
l'agriculture conventionnelle. Ces produits bio frais
se conservent plus longtemps et sont plus savoureux. |
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Fin de la réglementation du
calibrage des fruits et légumes: |
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Le règlement (CE) n° 1182/2007 du Conseil européen qui
avait établi des règles spécifiques pour le secteur des
fruits et légumes avait prévu une vaste réforme dudit
secteur afin d'améliorer sa compétitivité et son
orientation vers le marché et de l'aligner sur
les autres secteurs réformés de la politique commune
(PAC). Un des principaux objectifs du régime réformé
était d'inverser la baisse de la consommation des
fruits et légumes avec la préoccupation majeur de
réduire les dépenses de santé liés à une mauvaise
alimentation à l'origine notamment de la surcharge
pondérale précoce et de l'obésité parmi les jeunes gens. |
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Ce règlement visait également les normes de
commercialisation, portant notamment sur la
définition, la qualité, le classement en catégories,
la taille, le conditionnement, l'emballage, le
stockage, le transport, la présentation , la
commercialisation et l'étiquetage de manière à
permettre l'approvisionnement du marché en produits de
qualité homogène et satisfaisant. |
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Cette réglementation engendrait au
niveau de l'horticulture une certaine orientation vers
l'exploitation de variétés répondant aux "exigences
esthétiques" au détriment des autres exigences dont
l'organoleptique. |
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Les productions ne répondant pas aux critères de
taille, d'aspect, de résistance mécanique
permettant aux fruits et légumes de bien supporter les
diverses manipulations et transports devaient être
soustraites au marché et être systématiquement détruites,
alors qu'elles étaient parfaitement comestibles.. |
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Cette réglementation vient d'être modifiée, de telle
sorte qu'à partir du 1er juillet 2009 ce gaspillage de
produits parfaitement comestibles mais qui ne
répondaient pas aux "normes esthétiques"
établies Normes qui parait-il auraient été imposées
par les consommateurs ! |
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Conclusion |
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L'évolution du secteur des fruits et légumes
traduit bien la dérive d'une civilisation de la consommation et la
l'abondance vers la luxure et les loisirs dans une société
indifférente aux laissés pour compte. |
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Mais qu'en
sera-t-il demain face aux nombreux défis qui nous
attendent ? |
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R.G. |
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