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CRDD - Centre Régional du Développement Durable |
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Vous avez dit nationalisation ?
Comme c'est bizarre ! La crise économique américaine, la hausse du prix du pétrole. 26 septembre 2008 |
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« - L’analyse macroéconomique de l’économie capitaliste, effectuée par John Maynard Keynes, en 1929, lors de la crise économique, lui permit de démontrer que tout déséquilibre économique entre l’offre et la demande, conduit au sous-emploi et que ce déséquilibre ne peut être supporté durablement par le système économique. Le marché seul ne peut résorber un tel déséquilibre toujours accompagné d’un chômage de masse et d’inflation. D’après Keynes pour sortir de cette spirale d’inflation il faut pouvoir stimuler la demande. Seul l’Etat est capable d’assumer une telle tâche de régulation. Mais il fait aussi remarquer que l’Etat ne doit pas pour autant s’approprier les moyens de production, il doit favoriser la socialisation des moyens de production et non le socialisme d’Etat. |
| - La conférence de « Bretton Woods », organisée en 1944 par les USA a comme objectifs d’éviter les désordres de l’entre-deux-guerres dus au traité de Versailles signé en 1918 et de stabiliser les changes tout en créant des conditions favorables à une croissance harmonieuse des échanges. |
| Deux thèses s’affrontent : la thèse de l’anglais John Maynard Keynes et celle de l’américain Harry White. |
| Keynes est favorable à un système monétaire supranational éliminant l’étalon-or, sans donner de privilège à une monnaie internationale. |
| L’américain Harry White refuse une institution à laquelle le gouvernement américain devraient transférer sa souveraineté. Il est favorable au rôle du dollar, seule monnaie convertible en or et dont le pouvoir d’achat s’était maintenu. |
| A l’issue des accords de Bretton Woods, (1) signés le 22 juillet 1944, c’est la thèse américaine qui va l’emporter ; le dollar américain devient la monnaie de référence. |
| Le nouveau « Système Monétaire International – SMI » s’articula autour de quatre grands principes : |
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(1) Accords de Bretton Woods : signés le 22 juillet 1944, signés par 44 nations dont la Belgique et la France, ils ont dessiné les grandes lignes du système financier international de l’après-guerre. Leur objectif principal est la mise en place des bases de la politique monétaire mondiale et de favoriser le développement économique des pays touchés par la seconde guerre mondiale. Ils furent préparés pat John Maynard Keynes. (2)Etalon change-or : taux de change fixe défini par les accords de Bretton-Woods – le dollar américain est indexé sur l’or et les devises des autres pays sont indexées sur le dollar américain |
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Mais dès 1950, suite au retour de la croissance et à la nécessité de trouver plus de moyens de paiement internationaux, la balance des paiements américains sera en déficit permanent jusqu’aux années 1970. Cette situation finit par installer un doute sérieux quant à la capacité des USA à garantir la valeur du dollar par rapport à l’or. Cette faille majeure du système de Bretton Woods est connue sous le nom de « paradoxe de Triffin »(3). D’après Robert Triffin, un premier moyen, d’augmenter les liquidités internationales était d’accroître la quantité d’or monétaire, mais ce moyen était lourdement handicapé par le caractère hasardeux de la découverte d’or dans la nature. Aussi Triffin rejetait le principe du recours à l’étalon-or. Il préconisait pour augmenter les liquidités internationales à recourir à l’utilisation dans le monde d’une véritable monnaie internationale, émise par une autorité supranationale indépendante. |
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-Au début des années 1970, lorsque le principe des accords de Bretton Woods s’est avéré irréalisable, les grandes monnaies sont passées au régime de taux de change flottant |
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-A la fin des années 80, la chute du mur de Berlin entraîne le rejet des idées socialistes ainsi que de l’idée d’une planification centralisée. |
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Les USA étant devenus la seule puissance vraiment mondiale impose alors son approche néoclassique par le « Consensus de Washington ». |
| (3)Robert Triffin (1911-1993) économiste belgo-américain –originaire de Flobecq en Hainaut - reconnu comme l’un des meilleurs experts des problèmes monétaires internationaux – s’établit aux USA en 1939 où il professe à l’Université de Yale en 1951- exerce une fonction administrative au FMI- conseiller économique du Président J.F.Kennedy- revient en Belgique en 1977-concepteur du Système Monétaire européen et de l’ECU. |
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- Depuis 1980, le néo-libéralisme américain a imposé l’idée selon laquelle l’économie de marché est le modèle de l’organisation de la société, l’Etat ne devant intervenir que dans la mesure où il n’en perturbe pas les mécanismes de fonctionnement de cette économie de marché. |
| Ce consensus, élaboré part l’économiste John Williamson à Washington en 1989, propose dix prescriptions économiques recommandées par le Congrès des USA, le FMI, la Banque mondiale et considérées comme indispensables à la relance des économies en difficulté : |
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Depuis 1980, le néo-libéralisme américain a imposé l’idée selon laquelle l’économie de marché est le modèle de l’organisation de la société, l’Etat ne devant intervenir que dans la mesure où il n’en perturbe pas les mécanismes de fonctionnement de cette économie de marché. |
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- Alors que la société occidentale, qui s’était converti au néo-libéralisme américain et à « l’american way of live » semblait, jusqu'ici, s'accommoder de l'évolution de la société de marché et de la mondialisation de l'économie une soudaine inquiétude européenne prend rapidement forme dans les sphères politiques, suite notamment, aux délocalisations et en Belgique, à la fusion des groupes "ELECTRABEL - SUEZ" et suite à la fusion, en France, des groupes "GDF – SUEZ". Inquiétude qui atteint son paroxysme, lorsque la société italienne "ENEL" vient mettre un point d'orgue à cette succession d'événements en proposant une OPA sur le groupe "SUEZ". |
| De même aux USA, le rachat de six ports maritimes américains par la société des Emirats arabes "Dubaï Ports World ", venait, en février 2006, inquiéter sérieusement l'opinion américaine et mettre le gouvernement de George W. Bush en difficulté. |
| Le projet de rachat de six ports maritimes américains par une société des Emirats arabes –"Dubaï Ports World" – pour un montant de 6,8 milliards de dollars (5,7 milliards d'euros) à la compagnie britannique "Peninsular & Oriental Steam Navigation" provoqua une vive réaction des parlementaires américains tant démocrates que républicains qui y voyaient une atteinte à la sécurité des USA. Il convient de remarquer que cette compagnie britannique dirigeait, jusqu'à présent, les opérations des grands terminaux portuaires à New York, New Jersey, Baltimore, La Nouvelle-Orléans, Miami et Philadelphie, sans qu'une quelconque crainte d' atteinte à la sécurité des USA n'ait jamais été évoquée. Les Emirats arabes ne sont ils pas les alliés des USA dans leur lutte contre le terrorisme international ? » |
| - En 2006, La crise des « subprimes », qui s’est déclanchée avec le « krach » des prêts hypothécaires à risque va d’abord secouer les Etats-Unis avant de s’étendre dans le monde entier et devenir la pire crise financière depuis celle de 1929. |
| -Dès ce 19 septembre 2008, brandissant les risques d'une crise généralisée, le président Bush a fait connaître son intention d’arrêter l’hémorragie du système financier américain en proposant une intervention supplémentaire du Trésor américain et de la Réserve fédérale, à hauteur de 700 milliards de dollars à étaler sur deux ans. |
| Cette intervention vise à soulager les banques de leurs créances les plus mauvaises avec l'aide de l'argent public.Mais les républicains se sont révoltés à cette annonce. Ils ont expliqué en substance que l’on ne pouvait pas dépenser autant d’argent public, et qu’ils étaient contre l’intervention de l’Etat de cette manière. Bizarre ! Bizarre ! |
| Traumatisée par la crise financière, l'Europe, sous la présidence française, s’interroge, un an après le débute de la crise, sur les vertus de la régulation et sur les corrections à apporter au système actuel de la gouvernance mondiale. |
| C’est ainsi que Christine Lagarde annonçait que la réforme des agences de notation est une priorité. Ces agences sont en effet accusées d'avoir mal évalué les risques des produits financiers complexes qui ont déstabilisé l'économie mondiale, et leur déontologie est critiquée. |
| La ministre de l'économie(4) veut, dans un premier temps, rendre obligatoire leur enregistrement auprès d'un organisme européen, alors qu'elles ne sont aujourd'hui inscrites qu'auprès du régulateur des marchés américain, la SEC. Il sera temps, ensuite, de s'intéresser à leur fonctionnement et à leur méthodologie, donc à leur contrôle. Christine Laborde va également proposer à l'Ecofin(5) d'encadrer le travail de l'International Accounting Standards Board (IASB), cet institut de droit privé, totalement autonome, qui est à l'origine des nouvelles règles comptables des sociétés. Très axées sur la valeur de marché des actifs, ces règles ont, en effet, contribué à amplifier les effets de la crise financière. Christine Laborde voudrait que l'IASB rende compte dorénavant de ses travaux à une autorité européenne, qui pourrait être la Banque centrale européenne (BCE). |
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Ces propositions marquent une rupture avec l’histoire récente de la finance qui connut une profonde déréglementation. |
| (4)Christine Lagarde, ministre français de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, dans gouvernement de Mr François Fillon. Entrée en 1981 au cabinet Backer & Mc Kensie à Chicago-USA-, devient, en 2004, Présidente de son Comité exécutif. Durant sa carrière aux USA, elle militait au sein du « Center for Strategic & InternationalStudies, elle y co-présidait avec Zbigniew Brezezinski la Commission Action USA/UE/Pologne. Elle suivait plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais. Dans ces instances, elle représentait les intérêts états-uniens contre ceux du Commerce extérieur français dont elle est aujourd’hui la ministre . En sa qualité d’avocate du cabinet Baker & McKenzie, elle poussait plus particulièrement les intérêts de Boeing et Lockheed-Martin contre ceux d’Airbus et de Dassault. |
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S’inspirant du concept de « la main invisible » avancé par Adam Smith (6) au 18ème s, les financiers, économistes et politiques avaient encouragés la mise en place de bonnes pratiques, à travers l’autorégulation dont nous découvrons aujourd’hui les limites. |
| "On a cru que la soft law [le code de bonne conduite] suffirait pour assurer une régulation parfaite des marchés. On s'est trompé. L'intervention des Etats et des autorités de tutelle se révèle nécessaire, comme l'a montré la BCE, en assurant la liquidité sur le marché interbancaire au plus fort de la crise", commente Reinhard Dammann, avocat au barreau de Paris et chargé de cours à Sciences Po Paris. |
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(5) ECOFIN : Conseil pour les Affaires Economiques et Financières au sein du Conseil de l’Union européenne qui rassemble des ministres des finances des Etats membres. ECOFIN exerce le pouvoir législatif en matière économique et financière (6) Concept de la main invisible : mécanisme par lequel, dans une économie de marché, le travail effectué par un individu dans son propre intérêt à des fins égoïstes est généralement compatible avec l’intérêt général.
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« Force est de constater que l’économie de marché mondialisé s’articule autour de quatre grandes préoccupations;
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| Il n’y a donc actuellement, dans la démarche de l’économie de marché mondialisé, aucune trace de véritable préoccupation de notre devenir ou de celui des générations futures compte tenu notamment de l’évolution de la pollution de l’environnement, de l’épuisement des ressources énergétiques conventionnelles… |
| La croissance démographique galopante, la pauvreté persistante dans bon nombre d’Etats pauvres, les guerres latentes, les déplacements de populations menacées par la famine, l’immigration croissante, le changement climatique en cours, la déplétion pétrolière sont autant de facteurs néfastes au maintien d’un niveau de développement mondial source d’instabilité politique et de troubles socio-économiques de par le monde. |
| Seul un accroissement économique, équitablement réparti sur la planète, soutenu par une pensée économique nouvelle prenant en compte les valeurs humanistes fondamentales porteuses de responsabilité économique, sociale et environnementale, peut agir comme facteur de stabilité mondiale et comme ferment d’équité entre les peuples. |
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Une nouvelle pensée économique fondée sur un développement sociétal qui :
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| Extrait du « Dossier N°0601 –Le développement économique durable et équitable ; une nouvelle pensée économique ». Ó CRDD 2008 |
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R.G. |