CRDD   -   Centre Régional   du  Développement Durable


 

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L’énergie a toujours été un enjeu vital pour l’home et les sociétés humaines. Très tôt le développement de la société a été largement tributaire du développement chez l’homme de sa capacité à s’accaparer  et à exploiter les diverses formes d’énergie que la nature mettait à sa disposition.

 

La découverte des énergies fossiles a considérablement accéléré et amplifié le développement sociétal, au point qu’aujourd’hui, cette forme d’énergie est devenue un facteur primordial au maintien du bon fonctionnement  de la société industrielle moderne. Les énergies fossiles conditionnent encore aujourd'hui entièrement et inconsidérément toutes les activités de l’homme. Tout en  rendant la vie de l’homme plus facile, ces énergies fossiles, qui ne sont pas inépuisables, vont cependant un jour devenir un obstacle majeur à la poursuite du développement de la société devenue entre temps une société de consommation. Certes  la thermodynamique nous enseigne, en son premier principe, que toute énergie se conserve, seulement change la forme sous laquelle elle se présente.

 

Mais il convient cependant de remarquer que toute énergie capable, sous sa forme initiale, d’assumer un certain travail, va perdre cette forme initiale, après avoir effectué ce travail ou une partie de ce travail, et se présenter alors sous une forme qui correspond à un état de dégradation et de désordre plus avancé qu’au départ. L’énergie finale ainsi dégradée, que l’on va retrouver, n’aura plus la même capacité de travail.

 

Une énergie fossile, telle que du charbon, après avoir brûlée (par oxydation) et avoir fourni un certain nombre de calories, transformées elles mêmes en un certain travail W1, se retrouve alors sous une forme totalement dégradée de cendres de charbon. Ces cendres ne sont plus capables par une nouvelle oxydation de fournir le même travail W1 . De plus le phénomène est irréversible ; il est impossible à partir des cendres de retourner à la forme initiale de charbon.

 

 

 

Cette première approche de l’énergie doit nous permettre de mieux réaliser que tout usage d’énergie nécessite nécessairement la présence d’une énergie primaire et sa transformation en une énergie utilisable suivant un processus irréversible.

 

Tout exercice physique procure une sensation de chaleur grâce à notre métabolisme qui transforme une partie de notre réserve de sucre ou de graisse en calories, nous obligeant à les remplacer par notre alimentation.

 

Toute production de chaleur par un appareil de chauffage électrique, qui va transformer l’électricité consommée à partir d’un réseau de distribution d’énergie électrique en calories, nous oblige à disposer d’une centrale électrique alimentant ce réseau d’énergie électrique. La centrale électrique, devra elle même être alimentée en énergie prélevée dans notre environnement.

 

Ces deux exemples illustrent bien que toute approche de la problématique liée au développement sociétal durable implique une bonne connaissance des technologies utilisées, des sources énergétiques disponibles et des effets secondaires des démarches entreprises.

 

Il est donc impératif de réaliser nos actions avec la préoccupation constante de leur transversalité au travers des divers piliers du développement durable; l’environnement, l’économique, le social et la culture.  

 

 

 

 

 
Quel est aujourd'hui l'état de nos réserves en combustibles fossiles ?  
   
1. Réserves d'hydrocarbures publiées:  
   

Les évaluations des réserves d’hydrocarbures, tant « conventionnels » que « non conventionnels », publiées par les différents acteurs de l’industrie pétrolière sont peu fiables.

 

En effet, pour des raisons stratégiques évidentes, les compagnies pétrolières  ne publient certainement pas l’entièreté des données relevées concernant leurs réserves potentielles connues. De plus de nombreux sites n’ont pas encore été systématiquement explorés et évalués. De nombreuses techniques nouvelles  permettant l’exploitation des nombreuses réserves de pétroles lourds et de sables bitumineux  n’ont pas encore été vraiment mises en œuvre partout.  

 
     
 
 

On publie aujourd’hui, comme  " certaine", une évaluation prouvée de réserves en combustibles fossiles de 860 milliards de tonnes- équivalent pétrole.

 Type de ressource

               [G tep]

Charbon (sauf lignite)

500

Lignite

110

Pétrole

140

Gaz naturel

110

TOTAL:

860

Ces réserves prouvées désignent  la fraction du pétrole sous terre qu’il est possible d’extraire avec les techniques disponibles aujourd’hui et dans des conditions économiques favorables.

 

 
     
 
On publie également une évaluation des "réserves supposées" de combustibles fossiles, dont nous savons qu'ils sont présents dans le sol mais dont on n'est pas certain de pouvoir les extraire un jour.

 Type de ressource

               [G tep]

Charbon  et lignite

3000

Pétrole et gaz conventionnels

400

Pétrole et gaz non conventionnels

600

TOTAL:

4.000
 
 
     
 

La consommation annuelle est actuellement supérieure à 9 [G tep/an]. Il resterait donc, dans le cas d’une croissance de consommation annuelle de 2%, seulement une cinquantaine d’années de réserves prouvées en hydrocarbures (pétrole et gaz) et  environ une centaine d’années de réserves supposées en hydrocarbures.

 
 

 

 
 

Il convient de remarquer que le pétrole résiduel restant dans des puits de pétrole conventionnels peut actuellement être récupéré, à raison de plus de 30%, par injection de CO2 . Cette récupération n’est jamais mentionnée dans les déclarations de réserves.

 
 

Cette technique, appliquée soit à des puits de pétrole encore en activité ou remis en activité permet par la même occasion de séquestrer une certaine quantité de CO2 , gaz à effet de serre Cette technique a permit aux américains de séquestrer, en 2003, jusqu’à  20 millions de tonnes de ce gaz par an.

 
     
 

Les réserves mondiales prouvées en gaz naturel (mélange de gaz hydrocarboné et de méthane) sont évaluées, en 2003, à plus de 150 millions de millions de [m³]   (50.1012 m³ ).

 
     
  2. Evaluations des gisements d'hydrocarbures non encore mis en exploitation .  
     
 

-Au Canada dans une des bassins sédimentaires peu exploré jusqu'à présent on mentionne, en Alberta, l'existence de structures géologiques comme présentant  une réserve de 300 milliards de barils de pétrole qui dépasse la réserve totale de l’Arabie Saoudite. Dans le golfe du Saint-Laurent une autre structure avec un potentiel évalué provisoirement entre 1,5 et 2 milliards de barils de pétrole.

-En Russie les réserves prouvées s’élèveraient , selon diverses source , de 60 milliards de barils, soit 5,7 %  des réserves mondiales, à 137 milliards de barils, soi 15% des réserves mondiales. La production pétrolière russe est concentrée actuellement dans deux régions ; la Sibérie Occidentale et la région Volga-Oural. Les gisements non encore exploités se situent en Sibérie Orientale, en Extrême-Orient et dans la région de la République Komis. Les gisements prouvés russes, en zone caspienne, représentent  2,7 milliards de barils.

 
 
 
La capacité totale des gisements de la Mer Caspienne se chiffre entre 30 et 233 milliards de barils. Cette immense réserve, comparable à celle de l’Arabie Saoudite, provoque en grande partie les tensions qui existent entre les Etats riverains de la Mer Caspienne. Le pétrole issu de ces gisements va parvenir sue les marchés internationaux, sans transiter par la Russie (1) grâce à un nouvel oléoduc, construit sous l’égide des USA, partant de Bakou traversant l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, pour déboucher à CAYHAN sur la Méditerranée.
 

(1)  Jusqu’à présent, les pays producteurs de la mer Caspienne n’avaient pas d’autre choix que de passer par le réseau d’oléoducs  russes, un réseau datant  de l’Union soviétique et  que les professionnels estiment  cher et  mal entretenu.

 
 
     
  3. Réserves en charbon:  
     
 

Malgré le succès connu par les hydrocarbures, le charbon reste, au niveau mondial, toutefois d’actualité parce que :

  • son utilisation est encore une option énergétique intéressante pour la production d’électricité dans les pays industrialisés et ce durant quelques centaines d’années encore,

  • les technologies du « charbon propre » rendent son utilisation plus respectueuse de l’environnement qu’autrefois,

  • les techniques de séquestration, dans des puits de carbone, du CO2 émis par les centrales thermiques produisant l’énergie électrique constituent une bonne alternative aux mesures préconisées dans le protocole d’accord de Kyoto,

  • le charbon constitue, pour nombre de pays en développement, une source d’énergie nécessaire à leur croissance économique,

  • le prix du charbon est stable et n'est pas sujet aux interventions de groupements de pays producteurs.

 
 

Plus de soixante pays sont encore aujourd’hui producteur de charbon. Les dix premiers producteurs représentent 80 % de la production mondiale de « hard coal », à savoir : dans l’ordre, Chine, Etats-Unis, Inde, Australie, Afrique du Sud, Russie, Pologne, Ukraine, Indonésie, Corée du Nord, Kazakhstan, Royaume Uni.

 
 

 

 
 

Avec des réserves mondiales prouvées exploitables durant encore plus de 300 ans, bien réparties sur la planète et souvent simples à extraire, le charbon ne peut être absent d’aucun débat sur l’avenir des sources énergétiques dans le monde. Sa production et son emploi sont désormais systématiquement sujets à un examen croisé des besoins énergétiques, des coûts de production et des exigences environnementales.

 
 

En somme, la place du charbon est ambivalente ; source d’énergie à l’avenir assuré au niveau international mais en repli en Europe.

 
 
       

USA

240 [Gt.]

Indonésie 30 [Gt]
Russie

220 [Gt]

Australie 90 [Gt]
Royaume Uni 190 [Gt] Afrique du Sud 50 [Gt]
Chine 120 [Gt] Pologne 22[Gt]
Inde 70 [Gt]    
 
     
     
 
 
 

"Au niveau de l'approvisionnement des ressources classiques - charbon, gaz naturel, pétrole -, il n'y a pas réellement de problématique d'approvisionnement dans l'immédiat. La problématique est surtout associée au coût de ces matériaux.

Pour le charbon, probablement d'ici 30 ans le coût de production devrait rester le même, mais par contre pour le pétrole et le gaz naturel, il faudra développer de nouvelles technologies, de nouvelles sources d'approvisionnement qui sont plus éloignées. Il faudra creuser plus profondément, aller dans les contrées ou dans les régions géographiques un peu plus difficiles d'accès, donc le coût deviendra plus important.

Mais en termes de ressources, toutes les projections montrent que d'ici trente ans on sera en difficulté pour répondre à la demande. Cette demande énergétique évolue de façon accélérée dans les pays en voie de développement. Dans les pays industrialisés, depuis les années 80, on assiste, en Amérique du Nord et en Europe, non pas à un plafonnement, mais à un rythme de croissance beaucoup plus faible.  Par contre, dans les pays en voie de développement, pour atteindre les standards de vie Nord Américains, la demande énergétique va croître de façon importante. "  

 
Intw 14/7/2000 par Bill Binnemans de Guy BELANGER (CN)-  Chef Expertise Chimie et Matériaux-Institut de Recherches en Électricité Hydro-Québec. CANAD

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R.G.

 
     
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