CRDD   -   Centre Régional   du  Développement Durable


 

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Etat des ressources énergétiques renouvelables

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Parmi les  ressources énergétiques renouvelables et exploitables qui présentent actuellement un grand intérêt on peut citer l’énergie éolienne, l’énergie solaire, l’énergie hydraulique, l’énergie géothermique, l’énergie nucléaire par fission et par fusion, l’énergie pouvant être produite à partir de l’hydrogène.  

 
   

Certes le développement de l’une ou de l’autre ressource énergétique renouvelable va poser des problèmes de réadaptation des équipements permettant leur transport, leur transformation, leur exploitation sous forme d’énergie électrique, mécanique ou thermique  tant au niveau industrielle que domestique.

Existent déjà sur le marché des énergies renouvelables, des systèmes exploitant:

  • l’énergie verte, sous la forme de granulés de bois, de sciure de bois, de plaquettes de bois,  par pyrolyse à haute température dans des foyers domestiques adaptés à cet  usage ;

  • la biomasse dans des gazogènes permettant d'une importante production d’énergie calorifique  ou d'énergie électrique en cogénération ;

 
  • des systèmes transformant les céréales oléagineuses,  par trituration et par transestéritication, en huiles végétales,  et en  ester méthylique, communément appelé biodiesel ;

  • des systèmes transformant la biomasse contenant du sucre ou de l’amidon, par fermentation en vue de produire de l'éthanol

  • des systèmes transformant les matières organiques, en l’absence d’oxygène (anaérobie) et à l’abri de la lumière, et produisant du méthane  ou biogaz grâce à l’action de micro-organismes ;

  • des systèmes exploitant directement l’énergie solaire par échange thermique avec un circuit d’eau circulant dans des capteurs solaires produisant de l'énergie calorifique;

  • des systèmes exploitant l’énergie solaire par effet photovoltaïque donnant naissance à de l’énergie électrique pouvant être transportée à grande distance; 

  • des systèmes exploitant l’énergie éoliennes via des aérogénérateurs d’énergie électrique de grande puissance s’appuyant sur une technologie permettant le transport à grande distance de l’énergie électrique produite ;

  • des systèmes exploitant les forces hydrauliques motrices issues de la marée et des houles pour les transformer en énergie électrique;

  • des systèmes exploitant l’énergie géothermique disponible dans le manteau terrestre, soit à partir de la vapeur d’eau  chaude y présente, ou par récupération après pompage d’eau chaude  suite à un échange thermique réalisé à une certaine profondeur dans le sol.;

  • des systèmes exploitant la propriété singulière de l’hydrogène de produire, par réaction avec l'oxygène, de l’énergie propre, soit sous forme mécanique dans un moteur thermique rotatif, soit sous la forme électrique  dans une  pile à combustible - PAC.

 
 
 

Ces énergies renouvelables, quoique très séduisantes dans le cadre de notre lutte contre les effets néfastes de l'émission de GES, présentent cependant de nombreux inconvénients et difficultés quant à leur exploitation à grande échelle:

 

Une des difficultés majeure rencontrée se situe  au niveau du stockage de l’énergie  électrique produite à partir de l'énergie renouvelable éolienne ou solaire telle qu'exploitée directement à partir d'aérogénérateurs ou panneaux solaires

La production d’énergie électrique éolienne, par exemple,  se réalisant de manière fluctuante, car tributaire de l’intensité du vent, est  donc variable et peut même devenir intermittente avec le risque d’être dissociée de la demande en énergie des consommateurs. Dans ce cas, se pose le problème de  l’approvisionnement  immédiat du réseau de distribution d'énergie électrique à partir d’une source énergétique conventionnelle polluante maintenue constamment en "stand-by".

Dans le  cas d’un surplus de production d’énergie électrique éolienne ou solaire par rapport  à la demande se pose le problème du stockage de l’énergie électrique excédentaire produite.

 

Il s’avère donc impossible d’assurer l’approvisionnement des réseaux de distribution d’énergie électrique par la seule source énergétique éolienne ou solaire. Il convient d’y associer, en fonctionnant, en cogénération, une source d’énergie conventionnelle provenant soit d’une centrale électrique thermique, soit nucléaire, soit hydraulique. 

 

 
     
 
 

De toutes ces énergies renouvelables, l'une d'entre elle semble cependant être appelée à un avenir extraordinaire. En effet l'énergie issue de l'hydrogène pourrait bien devenir la base d'une nouvelle économie; l'économie de l'hydrogène remplaçant avantageusement l'économie du carbone.

 
 
 

 

 
 

L'hydrogène est le corps simple le plus présent dans l’univers ; 75% en masse et 90% en nombre d’atomes. Il est connu depuis bien longtemps comme principal constituant du Soleil et de la plupart des étoiles où il intervient comme combustible dans un processus de fusion nucléaire.

 
 

Mais l’hydrogène, quoique existant sous la forme d’une molécule de gaz H2, se présente généralement sous la forme d’un corps associé à d’autres corps simples. En tant que corps simple il est très peu présent dans l’atmosphère ; environ 1 [ppm] en volume.

 
 

Et cependant l’hydrogène est actuellement largement utilisé dans la production industrielle de l’ammoniac à la base des fertilisants, dans l’hydrogénation des graisses et des huiles ainsi que dans la production de méthanol. Il est utilisé dans la métallurgie, la pharmacologie, et dans le traitement des produits alimentaires, comme carburant dans l’aérospatial. Il est également utilisé comme produit de base dans la production de l’acide chlorhydrique  HCl.

 
 

 

 
 

Mais l’hydrogène n’est pas une énergie primaire, il n'est qu'un  vecteur énergétique et non une ressource énergétique. De même, son stockage et sa distribution posait problème.

 
 

 

 
 

Les premières solutions proposées pour la production industrielle de l'hydrogène reposaient principalement sur des procédés de thermolyse, tels que le processus de gazéification ou le  vaporeformage d'hydrocarbures ou de biomasse, procédés polluant  basés sur le "craquage" des longues chaînes moléculaires d'hydrocarbures en molécules plus simples.  

 
 

 

 
 

La production industrielle actuelle est basée soit sur des procédés d'hydrolyse à partir de sources énergétiques renouvelables, via la cogénération d'énergie électrique,  soit sur la technique de la photosynthèse forcée ou  de la photolyse de l'eau, cette dernière remplaçant avantageusement les anciennes techniques basées sur des techniques électrolytiques avides d'énergie électrique.

 
     
 

Des véhicules automobiles équipés d'un moteur  alimenté par hydrogène fonctionnent déjà depuis plusieurs années.

Deux technologies s'affrontent à ce niveau;

  • la technologie assurant la force motrice nécessaire via des moteurs électriques alimentés à partir d'une pile à combustion d'hydrogène stocké à bord, à haute pression  ou cryogénique, dans des réservoirs garnis de matériaux nanostructurés poreux;

  • la technologie assurant la force motrice nécessaire via des moteurs électriques alimentés à partir d'une pile à combustion alimentée en hydrogène produit directement, sans stockage, par un "réformeur" et à partir d'un carburant liquide tel le méthanol. Réformeur qui transforme le carburant liquide en  « reformat », un gaz très riche en hydrogène, avec lequel la pile à combustible est capable de fonctionner.

 
 

Voila un retour à la case de départ ! La voiture propre  à l'hydrogène consommerait des hydrocarbures ! Quel est dès lors le progrès réalisé sur le plan de la protection de l'environnement et de la lutte contre les effets néfastes des émissions de CO2 ?

 
 

En réalité, les efforts développés ces dernières années visant la création de véhicules propres à émission zéro de CO2 et ne nécessitant plus d'énergie fossile, ont portés largement leurs fruits. Les innovations technologiques et techniques sont nombreuses.

 
 

Mais les recherches menées dans la filière hydrogène buttent contre un obstacle important; l'encombrement du réservoir de stockage.

 
 

L’une des solutions pressenties actuellement pour transporter l’hydrogène, dans les véhicules automobiles, est le stockage sous une forme adsorbée.

L’hydrogène y est piégé dans les pores de matériaux nanostructurés donnant lieu ainsi à une phase dense pour des conditions de température et de pression moins sévères que celles nécessaires pour les autres formes de stockage.

Dès leur découverte, les nanotubes de carbone ont été considérés comme des matériaux nanoporeux à haute potentialité de stockage d’hydrogène. Les premiers résultats de capacité de stockage d’hydrogène dans de tels matériaux ont déjà été publiés à la fin des années 90.

 
 

L’autre solution pressentie se situe au niveau de la transformation du CO2 en méthanol par hydrogénation pour assurer un transport plus facile et moins onéreux du carburant, le méthanol devenant ainsi le " porteur d'hydrogène".

 
 

Le méthanol est ensuite traité dans un « reformeur »., pour alimenter une pile à combustion d'hydrogène, transformant en un premier temps, le carburant liquide en  « reformat », un gaz très riche en hydrogène. La combustion de cet hydrogène dans la pile à combustion - PAC- produit une énergie électrique qui est alors transmise aux moteurs électriques de traction équipant le véhicule automobile.

 
 

La transformation du méthanol en gaz hydrogène peut s’opérer à l’intérieur ou à l’extérieur de la pile à combustion dans un véritable système de reformage.

 
     
 
 
 
 
 

Un tel système appliqué à un véhicule automobile ne permet cependant pas de produire des véhicules entièrement propres puisqu’il rejette une certaine quantité de CO2 produit lors du reformage. Mais ce rejet se fait en quantité nettement moindre que dans le cas d’un même véhicule équipe d’un moteur traditionnel à explosion et à essence d'autant plus que le CO2 qui a permis la production du méthanol peut provenir du captage du  CO2 par un processus de captage et de séquestration du carbone- CCS.

 
     
 
 

De grandes sociétés productrices d'hydrogène tel " Air Liquide" ainsi que les grands constructeurs d'automobiles s'activent actuellement à trouver des compromis pour réduite l'encombrement des réservoirs de stockage à bord et de réduire le taux de production secondaire de CO2 lors du reformage.

Ils s'activent également pour réduire les coûts d'installation des réseaux de distribution soit d'hydrogène, soit de méthanol.

 

Quant aux pétroliers ils s'interrogent probablement sur les attitudes à prendre en ce qui concerne l'éventuelle prise de contrôle de la nouvelle économie de l'hydrogène qui s'annonce, tout en maintenant une certaine rentabilité au niveau de l'ancienne économie du carbone. Qui eut et gardera pour un certain temps tout son intérêt géopolitique.

 
 
     
 

Il convient de remarquer  que l'usage des piles à combustion révolutionne également tout le système de production de l'énergie électrique, de par la mobilité  des unités autonomes de production d'énergie électrique ainsi que par sa souplesse d'exploitation.

 
 

Les piles à combustion de faible puissance vont, elles aussi, révolutionner l'alimentation de nos ordinateurs portables ?