CRDD   -   Centre Régional   du  Développement Durable


 

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De la sécurité d'approvisionnement à la souveraineté alimentaire !

 

Xavier DELWARTE, président de la « Fédération Unie de Groupement d’éleveurs et d’Agriculteurs –FUGEA », écrivait, en octobre 2006, dans un article intitulé « Il faut se battre contre la discrimination dont souffre les petites fermes » ;

« La demande d’une agriculture de qualité et l’épuisement progressif des ressources naturelles et énergétiques devraient nous amener à réduire fortement la productivité des entreprises agricoles motorisées et intensives, qui représentent moins de 5 % des paysans dans le monde. Les organisations paysannes s’opposent à la vision de la plupart des dirigeants politiques et économiques pour lesquels, une société moderne n’a quasiment plus besoin de paysans »

Ce cri d’alarme de Xavier DELWARTE, semble n’avoir pas eu tellement d’impact à l’époque sur le monde politique. Il aura fallu attendre d’une part la présentation du film documentaire de l’ancien vice-président des Etats-Unis d’Amérique, Al Gor, intitulé « Une vérite qui dérange » et attendre d’autre part  la présentation du « Pacte écologique » de Nicolas Hulot  pour que le monde politique se sente quelque peu sensibilisé par la problématique du développement durable et des risques écologiques en devenir.

 

Cependant, ce cri d’alarme retentit de plus en plus fort dans nos campagnes, car de plus en plus de petits paysans souffrent dans cette société qui les écrase sous le poids de la publicité commerciale et de la loi des plus forts ; les grandes entreprises agricoles inféodées à l’industrie agro-alimentaire.

Le cri d’alarme de Xavier DELWARTE n’a pas été entendu et le drame qu’il dénonçait accable actuellement  de plus en plus de petits agriculteurs, mais menace également de plus en plus notre société toute entière, qui se dit évoluée et qui se croît à l’abri de toute menace alors que les étalages débordent de denrées.

Société qui adopte une pensée unique polarisée sur le désir immodéré et dantesque de consommation, de destruction de son propre environnement et de son propre avenir.

 

L’accélération du changement de climat, si on en croit les experts du GIEC (cfr scientifiques sceptiques), pourrait très prochainement bouleverser les conditions de vies dans bon nombre de régions. GIEC

Ce changement de climat, même s'il est d'origine naturelle,dont les conséquences ne seront pas uniformément réparties sur toutes les régions du monde, pourrait rendre l’agriculture de certaines régions, aujourd’hui florissantes, totalement stériles et y engendrer une grande misère. Par contre d’autres régions, au climat normalement rude et aride, pourraient voir celui-ci rendre leurs conditions de vie bien meilleures.

S’il est vrai que les ressources énergétiques fossiles sont limitées, aucune société pétrolière ne souhaite en préciser le moment de leurs arrivées à épuisement pour des raisons de stratégies commerciales ou boursières.

Mais si ce moment coïncide avec des  changements de climat importants, bien des régions pourraient se retrouver dans l’impossibilité de s’approvisionner à suffisance pour éviter de grandes famines. Car l’augmentation des prix des transports à grandes distances, subséquente à la rareté des carburants, ainsi que le dérèglement de nos productions vivrières suite à la généralisation des monocultures intensives, nous entraîneraient dans l’impossibilité de pourvoir à l’alimentation de bon nombre de populations.

 

Il n’est pas certain que ce scénario catastrophique, évoqué ci-dessus, soit à l’image d’une réalité future, que personne n’est en mesure de préciser avec exactitude. Le principe de précaution doit donc prévaloir dans un tel cas. Il faut, dès ce jour, se préparer à rencontrer une réalité qui pourrait s’en approcher.

 

Nous devons rétablir, dès aujourd’hui, des structures sociétales qui puissent, par une agriculture diversifiée, assurer l’approvisionnement alimentaire de régions et compenser, voire remédier à :

  • la perte de la maîtrise régionale de notre production alimentaire suite à la disparition progressive des petites exploitations agricoles pratiquant une agriculture raisonnée ou biologique locale, respectant la biodiversité et non inféodée à l’industrie agroalimentaire;

  • la disparition des petits commerces locaux et l’implantation de commerces de grande surface ;

  • la pollution des ressources hydriques et à l’épuisement des sols.

 

Cette restructuration sociétale doit s’accompagner du développement d’une nouvelle culture de la consommation :

  • la consommation de produits alimentaires de saison ;

  • la consommation de produits frais ;

  • la consommation de produits locaux.

 

 

Cette restructuration nécessite un développement économique rural durable, tel que préconisé par l’Union européenne, mais qui n’a de sens que si son agriculture locale est en mesure de répondre aux besoins alimentaires de base indispensables à la population locale ainsi qu’à une population citadine périphérique.

 

Il apparaît donc comme indispensable, pour cela, de circonscrire certaines régions comme entités macro-économiques en corrélation avec des entités de production alimentaire ; des Ecorégions.

 

 

 

Le concept d’Ecorégion est lié à la préoccupation de restaurer, la souveraineté alimentaire d’une région socio-économique déterminée, en vue d’y assurer la sécurité d’approvisionnement alimentaire par le développement d’une agriculture locale de proximité assurant une production alimentaire de qualité et durable sans englober, pour autant, la totalité de la surface agricole utile SAU à cet usage. La culture des autres surfaces laisse la possibilité de développer d’autres productions permettant la fourniture de surplus vers les Ecorégions voisines.

 

 

Ces Ecorégions doivent, pour cela :s’appuyer sur une agriculture paysanne durable ou agriculture biologique locale durable, soucieuse de la biodiversité:

  • se déployant dans une logique pérenne intergénérationnelle soutenable pour les écosystèmes ;

  • permettant, notamment, d’assurer localement la gestion des ressources naturelles, une certaine autonomie énergétique, ainsi qu’une empreinte écologique modérée ;

  • permettant le développement  de liens privilégiés entre paysans par des échanges et une certaine coopération en, vue de constituer une plus grande masse critique en termes de capacité de production, transformation, commercialisation ;

  • permettant une meilleure gouvernance locale, au sein d’un maillage d’Ecorégions proches, entre l'agriculture, l'économie locale et la consommation locale.

 

La création d’ateliers au sein de sociétés coopératives à finalité sociale, articulées sur une économie sociale marchande, permettraient, partiellement ou totalement, la collecte, le conditionnement, la transformation et la commercialisation dans des filières courtes, des produits de qualité issus des « petites entreprises agricoles », associées à ce système économique, assurant ainsi aux « petits agriculteurs » la réappropriation d’une certaine plus value tout en leur permettant de consacrer principalement leur temps aux travaux agricoles.

 

Ces ateliers permettraient également l’insertion professionnelle  et sociale de demandeurs d’emploi,  de  personnes peu qualifiées ou précarisées, sur base d’une agrégation spéciale délivrée aux sociétés coopératives à finalité sociale concernées.

 

Cette économie sociale marchande doit être soutenue, au niveau de sa gouvernance locale, par des conseillers capables de :

  • quantifier  les demandes alimentaires sur un périmètre écorégional ;

  • quantifier les moyens de production nécessaires pour atteindre l’autonomie alimentaire ;

  •  identifier les infrastructures locales nécessaires.

 

Cette transformation de l’économie agroalimentaire devrait de plus éviter la perte de certains petits agriculteurs, qui se trouvant en difficulté financière, donnent, aujourd’hui, sont tentés de répondre aux sirènes leurs présentés par certaines sociétés et qui prônent le renforcement de leurs équipements ou de leurs implantations en vue d’augmenter leur production pour, finalement suite à leur surendettement, devoir déclarer leur faillite et disparaître entièrement.

 

Lecture  recommandée :

 

Le concept d'écorégion à été très largement développé dans l'ouvrage "Terres d'avenir pour un mode de vie durable" écrit collectivement par Messieurs Emmanuel BAILLY,  Philippe DESBROSSES et Thanh NGUIEM et édité par ALPHEE en avril 2007.

 

Vous trouverez également une très intéressante et abondante documentation sur les  sites Internet mentionnés ci-dessous:

 

http://www.notre-planete.info/ecologie/devdurable/region/ecoregion2005.pdf

 

http://www.biodiversite2007.org/article.php3?id_article=161

 

http://www.econologie.com/file/presse_editions/Presentation_Terre_Avenir.pdf

 

http://www.biodiversite2007.org/IMG/pdf/EB_Eco-regionalite-1.pdf

 
 
 
 
 
   
   
   
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